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Samedi 29 avril 2006 6 29 /04 /Avr /2006 10:58

                                                            

Pour Habermas, la philosophie, dans son travail de compréhension du monde, doit absolument passer par les sciences empiriques qui explorent déjà la société actuelle, en particulier dans le cadre de la sociologie.

En effet, né entre les deux guerres, et faisant ses études dans une allemagne en ruine qui tentait de se reconstruire après l'horreur, il lui était bien impossible de considérer sa discipline, la philosophie, comme "hors du temps" et des événements sociaux. Le philosophe a pour objectif de prendre part aux débats de son temps, doit contribuer à faire avancer la société dans làquelle il vit.

La théorie critique (TC) est sans doute l'un des meilleurs exemple de cette "prise de conscience de l'intérêt du social" par les philosophes. Habermas "arrive" dans le débat au moment même ou la TC est battue en brèche par ses propres fondateurs, à savoir Horkheimer puis Adorno. Ceux-ci, au nom d'un raisonnement philosophique qui rejoint celui de Hegel (alors que la TC voulait jstement dépasser celui-ci) rejettent toute science sociale car elles ne sont pas en mesure de comprendre la société, encore moins de la faire évoluer.

Habermas se positionne bien vite contre cette idée, en redonnant leur légitimité aux sciences sociales, et en affirmant que les erreurs de celles-ci ne peuvent venir que d'elles mêmes, car elles sont des sciences autonomes.

Habermas veut tout simplement donner une chance à la TC, pour contredire l'évolution ultérieure de ses promoteurs. Mais cette reprise n'est pas naïve, et Habermas, très tôt, entreprend un travail de critique de la TC. Par exemple, il pense que Horkheimer n'aurait pas dû donner une place si importante à l'économie politique marxiste pour comprendre le présent: c'était sans doute donner une base trop étroite au programme.

Habermas a en fait rompu avec les formes de philosophie de l'histoire auxquelles la TC se rattachait encore. Ce n'est désormais plus l'économie mais la sociologie qui devient l'outil principal de connaissance du monde contemporain.

Le travail n'est plus le point d'articulation de la société, mais c'est le langage qui le devient. En effet, sans langage, il ne pourrait y avoir de travail. La communication est ce qui permet de créer un groupe. Pour habermas, c'est donc le fondement du lien social.

La réalité sociale a trois niveaux:

  1. la théorie de la connaissance
  2. la théorie de la société
  3. la théorie de l'action politique

 

La connaissance elle-même comporte trois niveaux:

  • Celui de la technique   (qu'est-ce que la technique modifie dans la société?)
  • La compréhension       (la connaissance inclut l'interprétation de l'Histoire et de la société. On peut en effet s'ispirer de la tradition, mais attention, celle-ci doit subir au préalable un examen critique! Ce qui s'est toujours fait peut très bien être changé...)
  • La connaissance critique (qui prépare l'émancipation politique)

Cette connaissance critique, qui permet de se libérer, repose à la fois sur la science et sur la philosophie:

  • Marx, qui propose une émancipation de la société (via la lutte des classes)
  • Freud, qui promeut l'émancipation de l'individu par la psychanalyse.

 

Habermas s'inscrit donc bien ici dans la lignée de la TC en proposant une réunification entre le marxisme et la psychanalyse au service de la libération de l'individu et de la société.

  1. La psychanalyse est caractérisée par la volonté d'une connaissance scientifique combinée avec une pratique qui obtient des résultats. Celle-ci permet de s'émanciper d'une communication faussée au profit d'une communication authentique. La psychanalyse permet non pas de faire disparaître les problèmes, mais de vivre avec.
  2. Le marxisme pour Habermas est avant tout une science sociale. Cette science suit le même schéma que la psychanalyse, c'est à dire que c'est une connaissance scientifique (de l'économie et de la société) doublée d'une pratique politique, fondée sur l'utopie et la société sans classes.

Le marxisme cherche à rendre la contrainte du réel plus faible en cherchant notament des compromis entre le principe de plaisir et le principe de réalité. Le problème est que le marxisme remplace l'exploitation des travailleurs par la soumission à la bureaucratie (cela est une reprise de l'idée d'Adorno). Mais en fait, pour Habermas, cela n'es que le résultat d'une marxisme dévoyé, qui n'est pas le vrai marxisme.

 

 

Par waouch - Publié dans : philosophiecritique
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Commentaires

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Commentaire n°1 posté par Vlad Tréphèse le 28/12/2007 à 23h40

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